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 • Contexte

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Ethan Matthews Fox
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Date d'inscription: 26/03/2006

MessageSujet: • Contexte   Lun 2 Juin - 17:12

Death is the Road
« Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, et un grand tremblement de terre, tel qu'il n'y avait jamais eu depuis que l'homme est sur la terre, un aussi grand tremblement. »


26 novembre 1932. 21.34. Charles Dexter Ward. Providence. USA.

J’avais depuis longtemps compris que rien que je puisse faire ne pouvait arrêter ce qui devait arriver. De longues heures s’étaient écoulés sans que je sache quel maléfice me les avait enlevés. J’avais cessé de chercher en quel lieu en quel place mes heures s’écoulaient tandis que mon esprit restait là, à somnoler, sans but et sans lumière. J’étais las de ces longues heures perdues sans qu’aucune explication ne me vienne au réveil. La créature m’appelait. J’ignorais son nom alors que quelques minutes auparavant son nom résonnait si clairement dans mon esprit. J’étais devenu aveugle alors que durant ces heures perdues mon esprit était si clairvoyant. Mes rêves se parsemaient de cité de lumière, de dieux aux noms oubliés, d’espoirs devenant chimères à mon réveil. Mon aïeul aurait su quoi faire, il aurait retrouver ses esprits sans perdre une seule information de ses rêves. Mais je n’étais pas Joseph Curven. J’étais un simple étudiant passionné d’archéologie, d’histoire et de généalogie. J’avais cru percer les anciens mystères à l’aide des écrits de mon aïeul, mais c’était une chimère. Et à présent ma raison s’envole. Je sais qu’on me recherche. Dehors. Attisés par le pouvoir que je possède, par le savoir que je caresse de toucher, par la puissance qu’on est sur le point de m’accorder. Plus rien n’a d’importance à mes yeux. Pas ceux de dehors en tout cas. Ils ne sont rien. Ils ne savent rien. Combien sont-ils comme moi à posséder un tel savoir ? Même avec mes troubles de mémoire, je me sens si proche, je me sens si puissant, plus rien ne peut m’atteindre à présent. Je sais que même le temps n’est plus en mesure de lutter contre moi. Et à présent, je vais laisser la créature venir à moi. Je sens sa présence. Je sens sa puissance.

31 juin 1968. 10.46. Abraham Waite et John Anderson. Innsmouth. USA.

« Que cherches-tu donc ? A tous nous condamner ? C’est peut-être cela que tu veux au fond. »
« Tu ne réalises pas, tu n’as jamais réalisé d’ailleurs. Comment pourrais-tu comprendre aujourd’hui ? » fit Abraham secouant doucement la tête en signe de renoncement, tandis que le cuir noir du fauteuil grinçait doucement dans son mouvement de relâchement nerveux de chaque muscle. Son regard s’arrêta à la fenêtre d’où il pouvait contempler la lune pleine.
« C’est impossible. Tu m’entends ? Irréalisable. Personne ne te suivra cette fois-ci Abrahams. Tu ferais mieux de laisser tomber cette chimère avant… »
« Avant qu’elle finisse par se réaliser ? Tu sais bien que tout le monde me suivra. Ils sont soif d’aventure, ils ont besoin qu’on leur dise que tout ce qu’ils ont fait jusque là n’a pas été vain. Les rêves se meurent. Tu le sais bien, dans bientôt la connexion sera perdue. A tout jamais. Et je ne laisserais pas ce jour arriver. Nous ne sommes plus que des prêtres usés de nos propres incantations, tout ce dont nous avons besoin, c’est de nous prouver que tout cela n’est pas qu’une chimère, qu’un rêve. Nous avons besoin d’eux. Ils ne savent pas ce qu’ils sont, ils ignorent quel peut-être leur puissance. Cela fait des siècles que les sorciers n’utilisent plus leurs pouvoirs. Imagine toute cette puissance… à notre portée. »
« Ils ne savent pas ce qu’ils détiennent, je te l’accorde, mais… » Soupira Anderson fatigué de combattre son interlocuteur, fatigué de se montrer toujours si raisonnable.
« Ils ne se rendent pas compte… » Ajouta l’autre dans un murmure. Un sourire vient se dessiner sur ses lèvres fines.

26 décembre 1979. 13.10. Daniel Upson. Arkham. USA.

Je ne sais comment expliquer l’horreur. C’est si difficile à exprimer avec de simples mots ce que j’ai pu ressentir. Tout ce que je peux vous raconter c’est comment j’en suis arrivé à tuer mon meilleur ami de six balles dans le corps. Je n’ai pas assassiné mon meilleur ami froidement, je n’ai pas eu le choix, et je crois que malgré tout ce qui s’est passé, je ne regrettes rien. La prison n’est rien en comparaison de l’horreur à laquelle j’ai été confronté. Vous ignorez ce que c’est lorsque la personne que vous connaissez le mieux au monde change, pour devenir, un véritable monstre. Il a toujours été attiré par les récits obscurs. Il écrivait des nouvelles fantastiques. Et il y a un an, j’ai cessé de le voir, en fait, plus personne n’avait de contact avec lui. Il disait qu’il avait trouvé quelque chose, qu’il fallait qu’il étudie ce qu’il avait trouvé, qu’il allait amener une nouvelle ère au monde, que ce qu’il avait trouvé n’existait plus dans notre monde. Je ne savais pas quoi faire. Il fallait que je l’arrêtes. Que je stoppe l’horreur. Il allait libérer les ténèbres sur notre monde. Des démons, c’est le seul nom que j’ai pu leur donné. Avec ses incantations… il allait les libérer. Des ténèbres si obscures qu’elles auraient envahis notre monde et tout détruit.

6 octobre 1983. 23.40. Estelle Grahams. Salem USA.

La jeune femme disposa les bougies en cercle. Des bougies noires. Bien que parfumée, elles avaient l’avantage d’offrir un spectacle tout à fait ambiancé. La jeune femme avait besoin de cette ambiance. Elle plaça le vieux grimoire au centre du cercle et s’approcha. Elle plaça ses mains au dessus du grimoire. Les autres l’appelait le Necromanticon. Ils disaient qu’elle avait de la chance. Que sa version était la meilleure. Mais Estelle s’en moquait. Tout cela n’avait pas d’importance. Ce qui importait était les rituels. Fermant les yeux elle sentit la puissance venir en elle.
La cité de lumière. Elle pouvait la voir à présent. Des lumières magnifiques. Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme.
« Venez à moi. Je vous sens. Vous êtes si proche. Si proche et en même temps si lointaine. Mes princes endormis. Venez à moi. Je veux vous sentir en moi. Je vous veux en moi. Je suis prête. »
La jeune femme pouvait les sentir. Oui, elle pouvait sentir leur froideur, leur humidité, elle pouvait sentir leur puissance, elle pouvait sentir leur grand bras blanc l’enlacer. La force qui leur manquait. Pauvres êtres oubliés par le temps, ensevelis sous les civilisations des hommes, pauvres anciens. Elle voulait leur donner sa force. Mais c’était impossible. Les bougies s’éteignèrent. La jeune femme rouvrit les yeux. Elle se sentait si faible, incapable de communiquer avec eux. Les grands. Les anciens. Pourtant, elle était forte…
« Alors ? Tu as encore échoué ? » fit le sorcier avec un sourire narquois.
Estelle se redressa et le toisa du regard.
« Qu’est-ce que tu t’imagines ? Je ne la contrôle pas encore assez. Mais cela ne tardera plus. »
La jeune femme passa devant le sorcier. Elle gagna d’un pas rapide le sous-sol. Elle fit signe au gardien qui ouvrit la cellule. Un corps d’homme gisait sur le sol de la cellule. La jeune femme fit signe au gardien qui referma la cellule. Estelle se pencha vers le corps et le giffla. L’homme ouvrit doucement les yeux.
« Tu ne veux toujours pas me laisser accéder à tes pouvoirs n’est-ce pas ? Mais t’inquiète pas ma petite, je vais y parvenir. Ne crois pas que tu me tiendras tête longtemps. »

12 decembre 1987. 15.23. Alexiel Brown. Massashusset. USA.

Alexiel avait tout perdue. Elle érait dans les rues sans parvenir à se souvenir dans laquelle elle avait vécue durant de longues années. Mais cela était si loin. Elle n’avait plus de maison où aller, parce qu’elle ignorait si les gens qu’elle avait aimé, sa famille, son fiancé, ses amis étaient encore là, se souvenait d’elle. Cela faisait des années qu’elle avait disparue. Elle ignorait où elle avait passé toutes ces années. C’était un endroit sombre et humide. Un enlèvement mais par qui et pourquoi ? La police l’avait-elle recherché ? Ses amis avaient-ils fait des avis de recherche ? L’avaient-ils guetter au moindre coin de rue ? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus rien. Son crâne lui faisait si mal. Et s’ils la retrouvaient ?
C’était bientôt noël. Elle le voyait aux décorations sur les maisons. Mais en quelle année ? Elle ne savait plus. Tout était si sombre dans son esprit. Elle parvenait à se souvenir de cet homme qui venait la voir dans sa cellule. Il parlait d’une voix douce. Il lui disait qu’il avait besoin d’elle. Elle n’était pas comme les autres. Pourtant il y en avait tant d’autres autour d’elle. Des hommes, des femmes, de tout âge. Ils étaient tous détenu. Par qui, pour quoi ? Ils l’ignoraient. Personne ne se parlait. Parfois l’un d’eux devenait fou et hurlait comme un malade. Mais elle ne savait pas pourquoi. Elle ne savait plus rien. Où vivait-elle avant ? Une maison ? Un appartement ? Elle ne savait plus. Cela lui semblait si lointain. Mais c’était noël. Et elle avait froid. C’était noël. Mais en quelle année ? Elle ne savait plus. N’avait plus conscience ni du temps qui passait ni de la température. Elle savait seulement une chose, elle ne retournerait plus là-bas. Elle ne les laisserait plus prendre son corps et enfermer son esprit dans un vieux corps malade.

XXIème siècle. Innsmouth. USA.

Personne n’a oublié la tragédie de Innsmouth, une petite ville en apparence tranquille. Il n’y avait jamais eu de meurtre, jamais eu d’enquête policière, il n’y avait jamais eu d’enlèvement d’enfant qu’on retrouvait dénudé sur le bord d’une route, jamais eu d’acte de violence. La ville était habitué par une population plutôt riche. Pourquoi y aurait-il eut de tels cas de violence ? Pas un clochard dans les rues. Et pourtant. En 2001, on retrouva une vingtaine de personnes ensevelies dans les bois Innsmouth. C’était des jeunes gens, âgé de 18 à 25ans. Malgré leur jeune âge, ils paraissaient plus âgés, comme fatigués. Leurs traits… c’était comme s’ils étaient morts de peur. Des vingtaines. Et pas une seule marque de coup de couteau, d’arme à feu ou même de poison.
A l’époque, la police a mener une enquête, mais c’était une véritable comédie. Ils n’avaient pas un seul indice. L’enquête tomba vite à l’eau. Aussitôt reprise par tous les journaux et pas seulement les locaux. Ces jeunes gens avait disparus depuis les années 70. Ils avaient de la famille, il y avait des avis de recherche dans les archives de la mairie au nom de chacun. Mais un tout les ans, qui va mener une enquête, qui va se douter. Un maniaque ? Une secte ? Un sérial Killer ? Personne n’a jamais su. On n’a pas retrouvé de corps à cet endroit.
John Anderson avait compris son erreur avant même que les journaux ne s’emparent de l’affaire. Il avait accepté de suivre Abrahams, il avait laissé faire tous ces enlèvements. Des jeunes gens tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Leur seul acte qui les menait à l’abattoir était de posséder un pouvoir. Des sorciers. Des êtres nés pour communiquer avec ce que le commun des mortels appelle des démons, mais qu’eux, les êtres supérieurs, les prêtres, les membres de la société des Ombres savaient leur nom pourtant oubliés de tous, connaissaient leur secrets, voyait en rêve leur cité engloutie, leur trône céleste, et savait leur désir, anticipait leur requêtes. Ces sorciers n’utilisaient pas leur pouvoir comme il fallait. Et les Waite s’éteignait. Daniel Upson tua l’un des derniers Waite. Après cela, il avait fallut agir. Mais fallait-il pour autant faire couler le sang ? En cette année, en ce début de siècle, ils avaient faillit disparaître à tout jamais. A cause de cette affaire, il leur a fallut effacer leur trace.
Tout recommencer, ailleurs, tout recommencer, et effacer leur trace. Mais pas de manière grotesque. Cette fois-ci c’est Anderson qui a prit la tête de l’organisation. Il fallait agir vite. Les sorciers détenus ne devaient pas se rendre compte du changement. Comme toujours, ils purent recommencer, et comme toujours, Anderson ferma à nouveau les yeux. Le prix à payer paraissait bien maître. Et les sorciers étaient si nombreux, aveugle, et pourtant si clairvoyant. Perdus dans ce monde moderne ne leur appartenant pas, les sorciers étaient des proies fragiles. Il fallait bien leur trouver un foyer…

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Dernière édition par Ethan Matthews Fox le Jeu 12 Juin - 1:53, édité 2 fois
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